Nous venons de terminer le « Temps de Noël ». Chacun aura débarrassé son sapin, rangé les décorations et emballé soigneusement les personnages de la crèche. Jusqu’à les retrouver fin de cette année qui commence.

Je voudrais, avec vous, rendre grâces pour ces moments partagés à l’occasion de ces semaines plus festives dans nos communautés et – car l’origine en est bien là – à l’occasion de la naissance du Sauveur. Que de mobilisations dans nos paroisses ! Je pense à celles et ceux qui ont réalisé ces « tissages » au fil des dimanche de l’Avent et nous ont invités à l’indispensable solidarité, ceux qui ont placé les affiches et les banderoles annonçant la Nativité, ceux qui ont dressé ces crèches dans les quartiers ou nos rues, celles et ceux qui ont nettoyé et décoré les églises, préparer avec minutie les célébrations : les chorales, les lectrices et lecteurs, les acolytes, les enfants et leurs catéchistes qui ont voulu prendre une belle place dans ces liturgies, etc, etc… Et tout ce « travail » a été – pardonnez-moi cette expression - « payant » ! Que de mercis entendus à la sortie des églises, que de paroles bienveillantes échangées et que de monde rassemblé : presque 2000 personnes, selon les estimations et les comptages effectués dans notre Unité Pastorale les 24 et 25 décembre. Loin de moi le désir de tomber dans la chasse aux « records », mais il faut reconnaître combien ce « Temps de Noël » est propice pour beaucoup de nos contemporains, à un moment d’intériorité, d’émotion profonde, propice pour des gestes de partage, des rencontres en famille et, finalement, pour peut-être un « retour vers un Essentiel » tellement vite enfoui sous les multiples activités et soucis de la vie… Alors, merci à toutes et à tous d’avoir soigné ces célébrations de Noël ! Merci à celles et ceux qui osent à temps et à contre-temps, encore et toujours nous bousculer pour que celles-ci incluent et débouchent aussi sur le souci incessant des petits et des pauvres en qui Jésus s’est toujours reconnu, depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Son « incarnation » en est le seul et beau signe.

Pour présenter mes voeux de Noël, j’avais choisi cette année la reproduction d’un tableau d’un peintre néerlandais du XVIe siècle, montrant une Nativité pour le moins étonnante. Un enfant Jésus vraiment tout nu, couché à même le bois de la mangeoire, sans paille, entouré de personnages bien « gras », tous revêtus de riches vêtements et parmi lesquels se trouvent un berger atteint de trisomie 21, handicap appelé autrefois le « mongolisme »…

Tout cela pour nous dire combien l’Emmanuel, le « Dieu-avec-nous » est proche de toutes nos nudités, de nos dépouillements forcés ou non, de nos blessures, nos échecs, nos maladies, de nos « handicaps » du corps ou du coeur. C’est vrai pour nous, c’est vrai pour toute l’humanité.

Que toutes ces « étoiles de Noël » - qui, comme le dit le beau chant de « Totem », ne brillent pas dans les nuages mais bien d’abord dans nos coeurs – ne soient pas des « étoiles filantes »… Quoique… Le propre de l’étoile filante, n’est-il pas de passer en laissant des traces lumineuses dans l’obscurité du ciel ? Un peu comme Jésus qui « passera en faisant le bien » … Heureusement, ressuscité, bien présent, il passe et passera à nouveau tout au long de l’Année qui vient. Avec Lui, que nos vies soient les plus « étoilées » et lumineuses possibles, pour nous, pour celles et ceux qui nous entourent et pour notre planète en danger… (Alain S.)