Méditation pour la fête de tous les saints

 

En ce jour, l’Eglise veut rendre grâce pour tout ce qu’il y a de beau dans d’innombrables vies méconnues et cachées. L’Eglise affirme qu’il y a une multitude d’hommes et de femmes qui n’ont pas fait des exploits prodigieux, mais qui dans leur vie, dans leurs tâches quotidiennes, ont manifesté l’amour de Dieu et des frères.

La fête de la Toussaint va à l’encontre de cette idée qu’il n’y aurait qu’une minorité de femmes et d’hommes bons.

La Toussaint nous dit aussi que la vie en Dieu ne se situe pas seulement dans un futur incertain, au-delà de l’horizon de cette vie, mais qu’elle est déjà ici et maintenant.

Saint Jean nous le rappelle dans sa lecture : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, même si ce que nous serons ne paraît pas encore clairement »

La Toussaint nous parle du bonheur. Non pas un petit bonheur mesquin, fragile et éphémère. Non pas un bonheur refuge tel un cocon, une sorte d’abri contre les coups de la vie.

La Toussaint nous parle d’un bonheur exigeant, un bonheur à tout vent, recherche toujours tendue, désir toujours ouvert. Un bonheur difficile, mais solide comme un roc.

Ce bonheur est décrit dans le récit des béatitudes. Des hommes et des femmes qui ont pu dépasser ces peurs qui nous replient sur nous-mêmes pour suivre leur conscience. Des hommes libres qui refusent la facilité et qui préfèrent aller jusqu’au bout de ce qu’ils croient être juste et vrai. Des hommes qui souffrent, mais surtout des hommes debout, libres et heureux !

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, nous dit Jésus, heu-reux les artisans de paix, heureux ceux qui pleurent, non pas ceux qui pleurnichent, mais ceux qui pleurent de compassion avec eux qui souffrent, ceux qui se rangent activement du côté des petits, des exclus.

Heureux les miséricordieux, ceux qui prennent le risque d’aimer ceux qui pourtant ne les aiment pas, ceux qui vont jusqu’au bout de l’amour.

Les béatitudes nous proposent un chemin difficile, un chemin ardu, le chemin emprunté par Jésus lui-même d’abord, par tous les saints et saintes que nous fêtons aujourd’hui.

(Patrice Eubelen)